La Domination by Anna de Noailles

(0 User reviews)   1832
Noailles, Anna de, 1876-1933 Noailles, Anna de, 1876-1933
French
Ever felt like you were watching your own life from the outside? That’s the haunting center of 'La Domination.' Forget a simple love story—this is about a brilliant, passionate woman who marries a man she admires, only to discover a chilling emptiness at the heart of their union. She has everything society says she should want: security, respect, a comfortable life. But as the years pass, she becomes a prisoner in a gilded cage, dominated not by cruelty, but by profound indifference. It’s a quiet, devastating look at how the right choices can still lead to a soul-crushing existence. If you've ever questioned the path you're on, this book will sit with you long after the last page.
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d'adolescence, de rêverie, de confiance et de plaisir. Ce fut en vain. Cette maîtresse maternelle et ardente, dont le dévouement ne pouvait pas changer, brusquement, un matin, sans raison, lui apparut démêlée de lui, seule, soi-même, ayant à parcourir désormais une route descendante, à l'écart de la colline d'or où Antoine Arnault s'élançait. De semaine en semaine, ressentant sa déception sans compatir à l'affreuse douleur de son amie, il l'accoutumait à l'abandon, et enfin, il l'avait quittée, alléguant la nécessité de la solitude ou des voyages pour son travail. Antoine Arnault était arrivé chez lui. Il entra, prit chez le concierge les lettres qui étaient là, une dont l'écriture ne lui était point connue, et l'autre de madame Maille, sa maîtresse. Il éprouva, en voyant cette lettre, une tristesse inattendue, et constata ainsi, avec regret, qu'ayant laissé toute la peine à l'autre, il lui en fallait pourtant porter soi-même quelques parcelles. Il ouvrit cette lettre en montant l'escalier, la parcourut, et, arrivé chez lui, s'assit et la relut encore. L'écriture était si lasse, si sourde, si décolorée, qu'elle vacillait comme une voix épuisée: Antoine crut entendre cette voix. «Puisque je n'y peux rien!» songea-t-il avec un peu d'emportement, comme quelqu'un qui s'est déjà, plusieurs fois, expliqué. Pourtant, la pitié l'envahissait; accoudé à sa fenêtre et regardant la cour de la maison, il imagina cette femme qui, tout à l'heure, tandis qu'il était sorti, venait déposer sa lettre. Il la voyait entrant chez le concierge, dans cet angle de mur froid, et demandant: «Monsieur Arnault est-il chez lui?» La concierge avait dû répondre avec brusquerie: «Il n'est pas rentré; il ne rentrera pas ce soir.» Et Antoine évoquait les yeux de madame Maille, attachés sur l'épaisse et rude ménagère; un regard qui sans doute disait: «Vous êtes heureuse, vous habitez le bas de la maison de mon ami; vous le voyez entrer, sortir; vous pouvez dire: il est là, ou il n'est pas là; vous épiez sa vie; vous êtes comme une servante humble et amoureuse...» Antoine ouvrit la seconde lettre. Il ne crut pas bien lire, tant la surprise était forte! Il allait de l'adresse à la signature sans parcourir le texte; cela déjà suffisait. L'homme le plus illustre de son pays, le plus grand écrivain avait tracé ces mots! Et lorsqu'il vit que, dans la lettre, à de sympathiques éloges pour son livre se joignait une invitation à venir voir à la campagne, chez lui, le grand homme, Antoine défaillit comme si l'aurore était entrée dans son coeur. Les mille mouvements qu'il ne faisait pas l'étouffaient. Il eût voulu bondir ou s'anéantir, et, retrouvant par hasard sous sa main la lettre de madame Maille, il l'éloigna. Sa maîtresse ne lui apparaissait plus que comme une victime étrangère, comme une petite forme humaine qui s'en va de son côté, toute seule dans la vie, selon la loi de tout destin, comme une buée d'automne qui meurt autour de nos pieds... Ne pouvant se résoudre à passer seul une si émouvante soirée, Antoine alla demander à dîner à son ami Martin Lenôtre. Il l'aimait. Il lui pardonnait ce qu'il lui reprochait, son humeur douce et les défauts de sa logique. Martin Lenôtre, âgé de vingt-huit ans, médecin à l'hôpital Lebrun, parfaitement studieux et savant, pensait moins qu'il ne rêvait, et la science que lui-même maniait le surprenait, l'amusait, l'attendrissait comme un miracle. Né dans des campagnes vertes et mouillées, toujours nostalgique de son enfance, il faisait de la médecine avec la douceur d'un botaniste. Les sureaux, la belladone, l'aconit, blanc et rosé dans les plaines, l'émouvaient, il se sentait troublé comme...

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Anna de Noailles's La Domination isn't a book of dramatic events or sweeping action. Instead, it follows the inner life of a woman—intelligent, sensitive, and full of yearning—who makes what seems like a good marriage. Her husband is decent, successful, and provides stability. Yet, as the story unfolds through her perspective, we see the cracks form. The real conflict isn't with him; it's with the life they've built together, a life that slowly suffocates her spirit.

The Story

The plot is simple on the surface: a woman marries, navigates high society, and grows older. But the real story happens inside her head. We see her initial hope fade into a deep, unspoken loneliness. Her husband isn't a villain; he's just emotionally absent, incapable of understanding the depth of her feelings or her need for a true connection. The 'domination' of the title is this subtle, pervasive power his indifference has over her entire existence. She is trapped in a beautiful, respectable life that feels utterly hollow.

Why You Should Read It

I was completely gripped by the honesty of this character's voice. Noailles doesn't ask for our pity; she shows us the quiet tragedy of a mismatch between two souls. It's about the pain of being unseen, even when you're sitting right next to someone. Written in the early 1900s, it feels startlingly modern in its exploration of a woman's interior world and her search for meaning beyond the roles society hands her.

Final Verdict

This book is perfect for readers who love character studies and don't mind a story that simmers rather than boils. If you enjoyed the emotional precision of writers like Virginia Woolf or the restrained anguish in Edith Wharton's novels, you'll find a kindred spirit in Anna de Noailles. It’s a short, intense, and beautifully painful read about the price of a comfortable life.



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