Dieudonat: Roman by Edmond Haraucourt

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By Charlotte Girard Posted on Dec 26, 2025
In Category - Philosophy
Haraucourt, Edmond, 1856-1941 Haraucourt, Edmond, 1856-1941
French
Ever wonder what it would be like to be born with everything, yet feel like you have nothing? That's the heart of 'Dieudonat'. This isn't your typical historical novel. It follows a man who literally has a silver spoon in his mouth—a nobleman's son in medieval France who is given the name 'Dieudonat', meaning 'God-given'. But this gift feels more like a curse. From the first page, you're pulled into his quiet, desperate struggle to find his own identity in a world that's already decided who he's supposed to be. It's a surprisingly modern story about the weight of expectations, wrapped in the rich, sometimes harsh, setting of the Middle Ages. If you've ever felt trapped by the life you were handed, this book will speak to you.
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cassant ses jouets, torturant les bêtes et déchirant ses habits. Il roulait des yeux noirs comme du charbon, et la Duchesse ne le rencontrait jamais sans trembler. Quant au Duc, il témoignait à cet enfant de son péché une tendresse alarmante: Ludovic était beau, Ludovic était intelligent, tout ce que faisait Ludovic provoquait chez le papa des rires larmoyants ou des admirations béates. Souvent le Duc prenait entre ses genoux le garçonnet à peau dorée, et longuement il le regardait dans les yeux, sans rien dire; on supposait alors que le maître réfléchissait, bien que la chose ne fût pas dans ses habitudes; en réalité, l'ancien croisé se rappelait des yeux pareils, et des nuits d'Idumée, dont le souvenir le rajeunissait. Les séances de cette contemplation muette ne manquaient jamais de se terminer par un gros soupir, qu'on attribuait à l'appréhension des jours futurs, mais qui tout simplement traduisait un regret des nuits passées. Quoi qu'il en fût des causes, on redoutait les effets de cette prédilection: si le seigneur s'avisait de laisser au moricaud ses fiefs et sa couronne, quelle honte ce serait pour des chrétiens d'obéir à un Maure! Entre cette menace et celle d'une domination étrangère, où était le salut? Tout salut est en Dieu. On eut la bonne idée de s'adresser à Lui: le dimanche, et même au cours de la semaine, des milliers de prières montaient vers le ciel, pour y demander un héritier légitime, rejeton authentique du souverain et de sa véritable dame. Les supplications furent entendues là-haut. Un matin, la nouvelle se répandit que, dans sept ou huit mois, la Duchesse mettrait au monde un enfant mâle; une fille n'aurait servi à rien, du moins pour ce qui intéressait les populations, et celles-ci n'hésitaient pas à décider que le ciel, puisqu'il intervenait enfin, avait la ferme intention de se rendre utile au pays. Les cloches sonnèrent d'allégresse dans tous les clochers des églises et des couvents; des oraisons publiques furent organisées pour encourager Dieu à poursuivre son œuvre et à prescrire que le futur enfant fût réellement un garçon. On souhaitait aussi que le prince possédât toutes les qualités d'un excellent souverain, et ce désir était bien naturel. Mais il faut, pour être un bon roi, beaucoup plus de vertus que pour être bon homme. C'est pourquoi les saints du paradis, et les saintes, furent individuellement requis de fournir à cet embryon les mérites par lesquels chacun d'eux s'était distingué sur la terre: il fut bien convenu entre les fidèles que chaque saint et chaque sainte devrait faire son apport personnel, et qu'à cette fin il serait individuellement sollicité par tous les chrétiens auxquels il avait déjà témoigné d'une bienveillance particulière. Rien n'est tel que de se mettre d'accord, et l'union fait la force; cette organisation précise eut le résultat qu'on pouvait espérer: les saintes et les saints se laissèrent fléchir par l'unanimité touchante d'un peuple entier; ils jugèrent qu'une si rare entente devait être récompensée, ne fût-ce que pour en donner l'exemple aux peuples à venir, et ils intercédèrent. Dieu les écouta. L'enfant se fit garçon, puis, jour par jour, pendant les mois de la gestation, chaque sainte et chaque saint, à sa fête annuelle, apporta les vertus qu'il possédait en propre: les qualités de l'esprit aussi bien que celles du cœur arrivaient numérotées et se classaient dans le petit bonhomme avant même qu'il fût né. Il reçut également les avantages physiques: santé, force, beauté. Pour toutes ces raisons, il parut convenable de l'appeler Dieudonat. En même temps, et en prévision des besoins immédiats, les servantes de la Duchesse dressaient un berceau...

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Have you ever picked up a book expecting one thing and found something completely different? That was my experience with Dieudonat. Edmond Haraucourt, writing in the late 19th century, doesn't give us a swashbuckling knight or a grand political drama. Instead, he zooms in on the inner life of one man, and it’s quietly brilliant.

The Story

The story follows Dieudonat from birth. His name, meaning 'God-given,' is a heavy blessing for a nobleman's son in medieval France. Everyone around him sees a future lord, a figure of power and privilege. But Dieudonat feels like a fraud in his own skin. The book walks us through his life as he tries to fit into the rigid roles of son, husband, and lord, all while a deep sense of melancholy and disconnect follows him. It's less about epic battles and more about the daily battle of being yourself when the world has other plans.

Why You Should Read It

I was struck by how modern Dieudonat's feelings are. Haraucourt gets right to the heart of existential angst—the question of 'Who am I, really?'—long before it was a common theme. Dieudonat isn't a hero in the traditional sense; he's often passive and sad. But that's what makes him feel real. You don't just watch his life; you feel the weight of his inheritance, the loneliness of his castle, and his quiet search for meaning. It’s a character study that sticks with you.

Final Verdict

This book is perfect for readers who love deep character exploration over fast-paced plots. If you enjoy historical fiction that feels psychologically true, or novels that examine the quiet struggles of the human spirit, you'll find a lot here. It’s not a light read, but it's a thoughtful and moving one. Think of it as a beautifully written, centuries-old letter from someone who felt just as lost as we sometimes do today.



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Mary Thomas
1 year ago

Recommended.

Sarah Lopez
1 year ago

Essential reading for students of this field.

Charles Lee
1 year ago

Great digital experience compared to other versions.

Michael White
1 year ago

I have to admit, it provides a comprehensive overview perfect for everyone. Absolutely essential reading.

4.5
4.5 out of 5 (4 User reviews )

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